Dans le cadre de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, célébrée chaque 26 juin, l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO) a tenu une conférence de presse le 16 juin 2024 au siège d’Amnesty International Togo. L’événement a rassemblé des membres de la presse, des étudiants et des victimes de torture.
En associant les étudiants à cette commémoration, l’ASVITTO entend les sensibiliser et leur transmettre les outils nécessaires à la protection des droits humains. L’objectif est de les mobiliser dans la lutte contre toutes les formes de torture au Togo.
Une situation préoccupante au Togo
Le président de l’ASVITTO, Atcholi Kao Monzolouwè, a tiré la sonnette d’alarme sur la persistance des actes de torture au Togo. « Les actes de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants continuent d’être infligés sur certaines personnes par les forces de sécurité lors des interpellations et dans certains lieux de privation de liberté », a-t-il déclaré.
Il a également déploré la suppression, dans la nouvelle Constitution, des dispositions coercitives visant à dissuader et punir les auteurs d’actes de torture.
Dysfonctionnements du Mécanisme National de Prévention
Créé en avril 2019 et intégré à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), le Mécanisme National de Prévention de la Torture (CNDH-MNP) a, selon l’ASVITTO, failli à sa mission.
Le président de l’association a rappelé l’origine de ce mécanisme, fruit des efforts de la communauté internationale et de la nation togolaise à la suite du rapport Kounté de 2012. Cependant, il a dénoncé l’influence politique qui pèse sur l’institution, son manque d’expérience en matière de droits humains, et son incapacité à prendre en charge les plaintes relatives à la torture.
« En cinq ans de mise en œuvre, les plaintes concernant des actes de torture ont considérablement augmenté. Malgré cela, la CNDH-MNP n’a jamais inscrit ces cas dans ses rapports, et aucune suite n’a été donnée à ces affaires, y compris celles ayant conduit à des décès », a souligné le président.
Témoignages poignants et rappel historique
Cette rencontre a également été marquée par des témoignages émouvants de victimes de torture, offrant un aperçu direct de la gravité du phénomène.
Il convient de rappeler que la Convention des Nations Unies contre la torture est entrée en vigueur le 26 juin 1987. Dix ans plus tard, le 12 décembre 1997, l’Assemblée générale des Nations Unies a instauré la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, avec pour objectif l’élimination totale de la torture et l’application effective de cette Convention.









