Le Réseau ouest africain pour l’édification de la paix (WANEP-Togo) vient de publier son rapport sécuritaire biannuel 2023-2024, dressant un tableau préoccupant de la situation des droits humains et de la sécurité dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Le document révèle un total de 810 incidents recensés sur cette période, avec une tendance à la hausse particulièrement inquiétante.
A en croire le coordonnateur de WANEP Togo , la situation sécuritaire au Togo se détériore. »Nous observons une hausse significative du nombre d’incidents liés aux crimes et à l’extrémisme violent, passant de 65 en 2023 à 87 en 2024″, a déclaré Seyram Adiakpo, lors de la présentation du rapport. Les données sont particulièrement alarmantes concernant la thématique « démocratie et gouvernance », qui enregistre le plus grand nombre d’incidents avec une progression marquée : 257 cas en 2023 contre 315 en 2024.
Le rapport met également en lumière une augmentation préoccupante des incidents dans la catégorie « femmes, paix et sécurité », confirmant la multiplication récente de cas graves de violences sexuelles, notamment des viols au Togo. Cette tendance reflète une dégradation générale des conditions de sécurité pour les populations vulnérables dans le pays.
Des défis sécuritaires multiples au Togo malgré les efforts déployés
Malgré les initiatives mises en œuvre par les autorités togolaises, le rapport identifie plusieurs défis majeurs persistants. Les attaques terroristes et incursions armées s’intensifient dans le nord du Togo, tandis que les explosions d’engins improvisés constituent une menace croissante pour les populations civiles et les forces de sécurité nationales. Le crime organisé connaît une recrudescence inquiétante à travers le territoire togolais.
Les conflits intercommunautaires persistent dans plusieurs régions du Togo, exacerbant les tensions sociales existantes. Une série d’incendies, particulièrement dans des marchés, a également marqué cette période. Les violences basées sur le genre continuent d’augmenter, affectant principalement les femmes et les jeunes filles togolaises. Le rétrécissement de l’espace civique constitue un autre signal d’alarme pour les droits humains au Togo, alors que les vulnérabilités face aux changements climatiques s’accentuent dans ce pays ouest-africain.
Un système d’alerte pour informer les décideurs togolais
« L’objectif du système, basé sur des informations issues de sources ouvertes recueillies par 31 moniteurs communautaires, est d’alerter sur les défis liés à la paix et d’informer les décideurs sur les actions de réponse possibles », a expliqué Léonce Amah Ayih, manager du système national d’alerte précoce (NEWS-Togo).
Face à cette situation préoccupante, WANEP-Togo appelle à une mobilisation concertée de l’État togolais, des partenaires techniques et financiers et de la société civile pour répondre efficacement aux défis sécuritaires identifiés dans le rapport biannuel 2023-2024.
Ce document crucial pour la compréhension des enjeux sécuritaires au Togo, soutenu financièrement par la Coopération autrichienne pour le développement et Sweden Sverige, a été présenté devant des représentants du ministère de la sécurité et de la protection civile, d’autres ministères togolais, des institutions de la République, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des journalistes.









