Une opération de la gendarmerie nationale camerounaise a permis la libération en mars dernier d’au moins 15 personnes de nationalité étrangère victimes d’un réseau de traite d’êtres humains à Yaoundé. Ces ressortissants, principalement malgaches et congolais, avaient été attirés par de fausses offres d’emploi diffusées en ligne.
Sept ressortissants malgaches et six congolais étaient séquestrés dans une résidence du quartier Nkomo à Yaoundé, tandis que deux autres Malgaches étaient retenus dans un motel à proximité. D’après les informations rapportées par RFI, ces personnes étaient détenues dans un domicile entouré d’un mur en parpaings, sous-alimentées et contraintes d’extorquer de l’argent à leurs proches à distance.
Le lieutenant-colonel George Parfait Nana, chef du commandement opérationnel à la gendarmerie nationale camerounaise, a précisé que les victimes avaient toutes été attirées par la promesse d’emplois bien rémunérés dans « de grandes structures hospitalières et industrielles » de Yaoundé.
Pris au piège
La première victime serait arrivée au Cameroun en octobre 2024. Dès son arrivée, son passeport lui a été confisqué et elle a été forcée de recruter d’autres victimes pour le réseau criminel. Les autres ont suivi progressivement au cours des semaines suivantes, tous motivés par les fausses promesses d’emploi.
C’est grâce à la détermination d’une des ressortissantes malgaches séquestrées qui a réussi à contacter une proche à Madagascar que l’alerte a été donnée. Cette dernière a immédiatement alerté le ministère camerounais chargé des Relations extérieures, déclenchant l’opération de sauvetage.
Intervention et arrestations
Le 19 mars, la gendarmerie nationale camerounaise est intervenue pour libérer les victimes. Cette opération a également permis d’éviter un nouveau drame, puisque six autres Malgaches s’apprêtaient à embarquer vers le Cameroun via un vol d’Ethiopian Airlines, également piégés par ces offres d’emploi fictives.
Suite à l’ouverture d’une enquête, trois suspects camerounais ont été interpellés et déférés devant la justice. Les autorités camerounaises ont assuré que les 15 victimes « se trouvent en lieu sûr et se portent bien » en attendant leur rapatriement dans leurs pays respectifs.
Un phénomène récurrent touchant Madagascar
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de traite des ressortissants malgaches à l’international. Au cours des années 2010, plusieurs scandales impliquant des domestiques malgaches victimes de réseaux de traite dans la région arabo-persique avaient poussé le gouvernement malgache à prendre des mesures drastiques. En 2013, Antananarivo avait notamment suspendu l’envoi de travailleurs vers les pays considérés comme « à haut risque ». Le Cameroun vient ainsi s’ajouter à la liste des pays où des ressortissants malgaches ont été victimes de traite d’êtres humains.









