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Le Parlement malgache vient d’adopter une loi controversée qui introduit la castration chimique, voire chirurgicale, comme peine applicable aux personnes reconnues coupables de viol sur mineur. Cette décision, prise à l’initiative du gouvernement, suscite un vif débat entre les autorités et les défenseurs des droits humains.
Une réponse à une situation « hors de contrôle »
Selon Landy Randriamanantenasoa, ministre de la Justice, cette mesure drastique répond à une situation devenue incontrôlable : « Uniquement pour ce mois de janvier, on a recensé 133 viols sur mineurs ! Six cents l’an dernier ! » La ministre estime que « la loi actuellement applicable n’a pas suffi à freiner les auteurs de ces infractions », justifiant ainsi la modification du Code pénal.
Le nouveau texte prévoit désormais un système de peines graduelles en fonction de l’âge des victimes, incluant non seulement les travaux forcés (équivalents à des peines de prison) mais également la possibilité pour les juges d’ordonner une castration chimique ou chirurgicale.
Les organisations de défense des droits humains s’inquiètent
Cette décision est vivement critiquée par les défenseurs des droits humains qui y voient une violation des droits fondamentaux. Nciko wa Nciko, conseiller pour Madagascar chez Amnesty International, n’hésite pas à qualifier ce texte de « promotion de la torture et du traitement dégradant et inhumain ».
Les organisations internationales s’inquiètent également de l’application de telles mesures dans un système judiciaire qui pourrait présenter des failles, soulevant la question des erreurs judiciaires et de leurs conséquences irréversibles.
Un processus législatif encore en cours
La ministre de la Justice défend fermement cette initiative en rappelant que « Madagascar est un pays souverain qui a parfaitement le droit de modifier ses lois dans l’intérêt général du peuple ».
Pour entrer définitivement en vigueur, le texte doit encore être validé par la Haute Cour constitutionnelle avant d’être promulgué par le président de la République, Andry Rajoelina.
Entre protection des enfants et respect des droits humains
Cette situation met en lumière le dilemme auquel font face de nombreux pays : comment concilier la protection des plus vulnérables avec le respect des droits humains fondamentaux ? Si l’objectif de protection des enfants contre les violences sexuelles fait consensus, les moyens employés divisent profondément.
La communauté internationale observe avec attention cette évolution législative qui pourrait créer un précédent dans la région.









