À l’issue de sa 59ᵉ session, tenue en juillet 2025 à Genève, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté plusieurs résolutions marquantes qui renforcent la protection des droits des enfants, mais aussi l’égalité entre les femmes et les hommes. Ces textes visent à répondre à des enjeux globaux : l’accès universel à une éducation de qualité, la protection des enfants dans l’espace numérique, ainsi que l’autonomisation des filles et des femmes par le sport.
Plusieurs résolutions ont été prises pour garantir le droit à une éducation gratuite, inclusive et de qualitéLa résolution 59/9 rappelle avec force que l’éducation est un droit humain universel et inaliénable. Le Conseil exhorte les États à garantir : un enseignement primaire gratuit, obligatoire, inclusif et de qualité,la généralisation et l’accessibilité de l’enseignement secondaire gratuit sous toutes ses formes,le développement de services publics et gratuits d’éducation et de protection de la petite enfance.
Cette résolution insiste aussi sur la nécessité de mesurer les progrès réalisés : collecte de données fiables, renforcement des indicateurs nationaux, suivi indépendant. Elle encourage une transparence accrue, permettant aux chercheurs, aux autorités éducatives et à la société civile d’accéder à des informations de qualité.
Selon l’UNESCO, près de 250 millions d’enfants dans le monde restent encore privés d’éducation de base. Cette résolution s’inscrit donc dans un combat global visant à réduire les inégalités et à concrétiser l’Objectif de développement durable (ODD 4) relatif à l’éducation.
Protéger les enfants dans l’espace numérique
Avec la résolution 59/23, le Conseil met en avant un enjeu émergent : la protection des enfants en ligne. Alors que le numérique offre des opportunités d’apprentissage et d’expression, il expose aussi les plus jeunes à des risques accrus : cyberharcèlement, exploitation, désinformation ou encore accès à des contenus inadaptés. Le texte demande au Haut-Commissariat aux droits de l’homme de fournir un soutien technique aux États afin de développer des politiques adaptées :
des systèmes de signalement accessibles aux enfants, la sensibilisation du public, une formation des enseignants et parents, et des technologies sûres et inclusives.
Cette résolution souligne également la nécessité d’une coopération internationale pour réduire la fracture numérique et garantir que la transformation digitale n’accentue pas les inégalités.
L’autonomisation des femmes et des filles par le sport
La résolution 59/17 met en lumière un outil souvent sous-estimé : le sport comme levier d’émancipation. Le Conseil prévoit une table ronde en 2026 sur ce thème, ainsi qu’un rapport du Haut-Commissariat qui sera présenté en 2027.L’objectif est clair : combattre les discriminations persistantes qui freinent l’accès des filles et des femmes aux pratiques sportives et mettre en avant le rôle du sport dans l’égalité des chances, la santé et la participation sociale.
Comme le souligne une représentante d’ONU Femmes : « Le sport peut être un terrain d’égalité, à condition que les femmes et les filles y accèdent dans des conditions sûres, inclusives et équitables. »
Renforcement des mécanismes existants
Enfin, deux résolutions prorogent des mandats essentiels pour la défense des droits humains :
la résolution 59/20 renouvelle pour trois ans le mandat du Rapporteur spécial sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences ;
la résolution 59/14 prolonge le mandat du Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles.
Ces mécanismes assurent un suivi indépendant et permettent de mettre en lumière les violations, tout en proposant des recommandations concrètes aux États.
La 59ᵉ session du Conseil des droits de l’homme marque une étape importante dans la défense des droits de l’enfant et de l’égalité de genre. Mais comme le rappellent de nombreux experts, l’enjeu principal reste la mise en œuvre effective de ces résolutions.









