Le magistrat togolais Gameli Kuami Lodonou prend officiellement les rênes de la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Élu début février, il a officiellement pris ses fonctions ce 11 février à Ouagadougou pour un mandat de trois ans.Cette nomination intervient dans un contexte où les enjeux de justice communautaire, de sécurité juridique et de protection des droits fondamentaux demeurent au cœur de l’intégration régionale ouest-africaine.
La scène judiciaire ouest-africaine connaît un nouveau tournant avec l’élection du magistrat togolais Gameli Kuami Lodonou . Désigné par ses pairs pour un mandat de trois ans, il succède au magistrat sénégalais Mahawa Sémou Diouf, à la tête de l’institution depuis plusieurs années.Cette nouvelle élection symbolise l’engagement renouvelé des États membres envers une justice régionale capable de garantir l’application harmonisée du droit communautaire, un élément clé pour la stabilité politique, économique et sociale de la sous-région.
Gamelin Kuami Lodonou : un parcours ancré dans le droit et les réformes institutionnelles
Né en 1958, Gameli Kuami Lodonou s’est progressivement imposé comme une figure reconnue du monde judiciaire. Formé à l’École nationale de la magistrature de Paris et titulaire d’une maîtrise en droit des affaires obtenue à l’Université de Lomé, il a développé une expertise mêlant pratique juridictionnelle et gouvernance institutionnelle.Avant son élection à la Cour de justice de l’UEMOA en 2021, il a exercé plusieurs fonctions importantes, notamment celle de secrétaire exécutif de la Commission nationale de l’OHADA. Cette expérience lui a permis de participer à des efforts d’harmonisation du droit des affaires dans plusieurs pays africains, une dimension essentielle pour attirer les investissements et sécuriser les activités économiques.Son profil s’inscrit donc dans une continuité : celle d’un juriste familier des mécanismes d’intégration régionale et des défis liés à l’unification des cadres juridiques. Pour de nombreux observateurs, cette connaissance approfondie des dynamiques communautaires pourrait constituer un atout majeur dans la conduite des travaux de la Cour.
La Cour de justice de l’UEMOA, pilier discret de l’État de droit
La Cour de justice joue un rôle d’arbitre et de gardienne des principes communs dans l’espace sous régional. Sa mission consiste notamment à veiller à la cohérence des normes juridiques adoptées par l’Union et à régler les différends liés à leur application.
Créée au milieu des années 1990, cette Cour de justice s’est assignée pour vocation d’assurer le respect du droit communautaire par les États membres, mais également par les institutions de l’Union elles-mêmes. Elle intervient dans des domaines variés : contentieux institutionnels, interprétation des textes communautaires, ou encore régulation des différends liés à l’intégration économique.Les décisions de cette Cour influencent directement la vie économique et institutionnelle des pays membres. En garantissant une application uniforme des règles, la Cour contribue à prévenir les conflits juridiques entre États et à instaurer un climat de prévisibilité nécessaire aux citoyens et aux investisseurs.
Dans le champ des droits humains, cette fonction prend une dimension particulière. La Cour de justice implique une responsabilité importante : veiller à ce que le droit communautaire serve non seulement l’efficacité économique, mais aussi la protection des citoyens. Les décisions rendues peuvent influencer la manière dont les États appliquent les normes communes, notamment en matière de gouvernance, d’équité ou d’accès aux recours juridiques.









