Représentants du gouvernement togolais , équipes de l’UNICEF au Togo et professionnels des médias se sont réunis ce 19 février à Lomé pour mener des échanges autour d’un enjeu central : le développement intégré de la petite enfance. La rencontre a mis en avant l’urgence de renforcer les politiques publiques en faveur des enfants de 0 à 5 ans, dans un contexte de ressources financières restreintes.
Les discussions placées sous le thème « Petite enfance : l’investissement qui change tout », ont été animées par Xavier Sire, Représentant adjoint de l’UNICEF au Togo, aux côtés d’Arsène Bagre, Chef de la Section Protection de l’Enfant, d’Essi Fafa Soule Durchbach, Chargée de Communication et Plaidoyer, et de Fabrice Akouetey, point focal Communication à la Direction générale de la mobilisation de l’aide et du partenariat.
« Un dollar investi dans la petite enfance peut générer jusqu’à 17 dollars de retour sur investissement à long terme » a rappelé d’entrée de séance, Xavier Sire, s ’appuyant sur les travaux de l’économiste James Heckman. Selon ses explications, les 1 000 à 2 000 premiers jours de vie sont décisifs pour le développement cérébral, la santé globale, les capacités d’apprentissage et la productivité future de l’enfant.
Il est donc nécéssaire, a t-il expliqué dans son intervention, de prioriser des politiques transversales à fort impact.
La petite enfance ne se limite pas à la survie de l’enfant. Elle englobe la santé maternelle et néonatale, la nutrition, l’immunisation, l’enregistrement des naissances, la stimulation précoce et l’éducation préscolaire.

Xavier Sire, Représentant adjoint de l’UNICEF au Togo
Agir pour l’intérêt des enfants
Au Togo, plusieurs ministères ( Santé, Éducation, Action sociale et Planification ) interviennent déjà dans ces domaines. Le défi majeur réside toutefois dans la cohérence et l’harmonisation des interventions afin d’optimiser l’impact des dépenses publiques et d’éviter la fragmentation des politiques.
Des initiatives pilotes reflétant cette dynamique intégrée ont été présentées à l’occasion. Dans certaines régions du Togo, par exemple, un système d’interconnexion entre les services de santé et l’état civil permet l’enregistrement des naissances directement dans les centres de santé. Cette mesure réduit le nombre d’enfants non déclarés, une problématique qui peut compromettre l’accès aux droits fondamentaux tels que l’éducation, la protection sociale ou les soins.
Autre innovation mise en avant : l’implantation de sept crèches communautaires intégrées dans des marchés de la région Maritime. Ces structures proposeront des services combinés de nutrition, de stimulation précoce et de suivi sanitaire.
Au-delà de la prise en charge des enfants, ces espaces visent également à soutenir l’autonomisation économique des femmes commerçantes, en leur permettant d’exercer leurs activités professionnelles dans des conditions plus sereines. Une expérience pilote menée au marché de Hedzranawoe a déjà produit des résultats encourageants, démontrant la pertinence de ce modèle intégré.
Les intervenants ont rappelé que le développement intégré de la petite enfance repose sur une responsabilité partagée. L’État définit les orientations stratégiques et les cadres politiques ; les partenaires techniques et financiers apportent leur appui ; les communautés et le secteur privé participent à la mise en œuvre ; les médias, quant à eux, jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation et la promotion des droits de l’enfant.
Dans un pays où près de la moitié de la population est jeune, investir dans les premières années de vie apparaît ne constitue pas seulement une priorité sociale, cela représente aussi un investissement stratégique pour bâtir une économie plus compétitive, réduire les inégalités et consolider un développement durable.










