La question des conditions de détention est au cœur d’une mission menée par le Collectif des Associations Contre l’impunité au Togo (CACIT). Entre le 5 et le 12 février 2026, les équipes de ce réseau d’organisations de la société civile ont sillonné six établissements pénitentiaires : les prisons civiles de Notsè, Vogan, Aného, Tsévié, Kpalimé et de Lomé, ainsi que le Centre d’Accès au Droit et à la Justice pour Enfants (CADJE). Objectif : repérer les personnes privées de liberté en situation de grande vulnérabilité, engager un dialogue avec les autorités compétentes et formuler des recommandations concrètes pour améliorer le système carcéral togolais. Une mission soutenue par la FIACAT et l’Agence Française de Développement (AFD).
Cette mission de monitoring des conditions de détention au Togo s’inscrit dans une démarche de défense active des droits humains. Il s’agit pour le CACIT de faire un état des lieux, documenter, comprendre et surtout, agir en faveur des détenus au Togo.
Après une première phase, la deuxième phase de la mission couvre six établissements répartis sur l’ensemble du sud Togo : les prisons civiles de Notsè, Vogan, Aného, Tsévié, Kpalimé, et la prison civile de Lomé, ainsi que le CADJE ,centre dédié aux mineurs en conflit avec la loi , ont fait objet d’exploration.
Sur le terrain, le travail des équipes du CACIT s’est articulé autour de trois axes complémentaires :
Identifier les détenus en situation de vulnérabilité.
Parmi les personnes privées de liberté se trouvent des individus particulièrement exposés : femmes enceintes ou allaitantes, mineurs, personnes âgées, malades chroniques, détenus en attente de jugement depuis une période excessive, personnes souffrant de troubles mentaux ou sans représentation juridique… Ce recensement est donc le fondement de toute assistance future.
Fournir une assistance adaptée
Le monitoring ne s’arrête pas à l’observation. Il débouche sur des actions concrètes : orientation vers des services juridiques, soutien psychosocial, signalement médical, mise en contact avec des proches. Chaque situation identifiée appelle une réponse proportionnelle et respectueuse de la dignité de la personne concernée.
Engager un dialogue avec les autorités pénitentiaires.
Rencontrer les directeurs d’établissement, les magistrats compétents et les responsables de l’administration pénitentiaire relève , pour le CACIT, d’un partenariat nécessaire. En construisant un cadre de dialogue constructif, les recommandations formulées par le CACIT pourront se traduire en réformes durables des politiques publiques en matière de détention.
Cette deuxième phase s’inscrit dans la continuité d’une première vague de visites menées dans le nord et le centre du pays. Entre fin janvier et début février 2026, les équipes avaient déjà inspecté les prisons civiles d’Atakpamé, Sokodé, Kara, Kantè, Bassar, Mango et Dapaong , sept établissements couvrant des régions du grand Nord . Au total, ce sont donc les 13 prisons civiles togolaises qui font l’objet de ce monitoring du système carcéral national.
Conditions de détention et droits fondamentaux : un enjeu de société
Dans un rapport du CACIT publié en 2020, il ressort que 10 prisons sur 13 présentaient un taux de surpopulation variant entre 109 % et 609 % . Le taux moyen national de surpopulation carcérale atteignait alors 222 % . Par ailleurs, entre 50 % et 60 % des détenus au Togo sont en attente d’être jugés, selon les données conjointes du CACIT et de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH).
La surpopulation carcérale, la détention provisoire prolongée, le manque d’accès aux soins de santé, les violences en milieu fermé, l’absence d’assistance juridique pour les détenus sans ressources sont des problématiques courantes sur l’ensemble des systèmes pénitentiaires d’Afrique de l’Ouest .







