À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2026, Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, a lancé un appel solennel à la communauté internationale. Dans une tribune remarquée, il rappelle que malgré des avancées indéniables au fil des décennies, les inégalités structurelles entre femmes et hommes demeurent un frein au développement collectif. Sa conviction est claire : chaque progrès accompli en faveur des femmes bénéficie à l’ensemble de la société.
Pour transformer cette conviction en réalité, le secrétaire général de l’ONU identifie huit leviers d’action prioritaires.
- Redistribuer le pouvoir de décision
Les sphères de décision (économiques, politiques, institutionnelles) restent encore largement dominées par les hommes. Or, une gouvernance plus équilibrée entre les genres favorise des sociétés plus justes, plus résilientes et plus libres. Partager le pouvoir n’est pas une concession : c’est une condition du progrès commun.
- Faire de la parité une exigence institutionnelle
La sous-représentation des femmes aux postes de direction reste criante, aussi bien dans les gouvernements que dans les entreprises. L’ONU elle-même, en atteignant la parité au sein de ses instances dirigeantes, apporte la preuve que le changement est possible dès lors qu’il est érigé en priorité. L’exemple doit désormais faire école.
- Considérer l’investissement dans les femmes comme un levier de développement
Financer l’éducation, la santé et l’autonomisation économique des femmes n’est pas une dépense : c’est un multiplicateur de croissance. Les études montrent que des politiques d’égalité ambitieuses peuvent accroître le revenu national jusqu’à 20 %. L’égalité des genres est donc autant une nécessité morale qu’une stratégie économique rationnelle.
- Intégrer les femmes dans les processus de paix
Les accords de paix négociés avec la participation active des femmes se révèlent plus durables et mieux mis en œuvre. Leur exclusion des tables de négociation appauvrit non seulement la qualité des solutions trouvées, mais compromet aussi leur pérennité. La paix durable se construit avec les femmes, pas sans elles.
- Abolir les lois discriminatoires
Dans de nombreuses régions du monde, les femmes se heurtent encore à des obstacles juridiques en matière d’accès à la propriété, au travail ou à la justice. La suppression de ces dispositions légales inégalitaires et la garantie de leur application effective constituent un impératif pour tout État qui se réclame de l’État de droit.
- Adopter une tolérance zéro face aux violences de genre
Les violences faites aux femmes constituent une urgence humanitaire à l’échelle mondiale. Aucun contexte, aucune culture, aucune tradition ne saurait les justifier. Une réponse ferme, rapide et inconditionnelle s’impose : protéger les victimes, poursuivre les auteurs, et soutenir les organisations qui travaillent sur le terrain.
- Combattre les stéréotypes à l’ère numérique
Les environnements numériques et technologiques reproduisent ou amplifient les discriminations existantes. Les filles y sont encore sous-représentées et exposées à de nouvelles formes de violence en ligne. Garantir leur accès aux outils du futur dans un cadre sécurisé est une condition sine qua non de leur pleine participation à la société de demain.
- Placer les femmes au cœur de la réponse climatique
Le changement climatique frappe de manière disproportionnée les femmes et les filles, qui sont pourtant parmi les premières à imaginer et mettre en œuvre des solutions locales. Les ignorer dans les processus de décision climatique revient à se priver de ressources essentielles. Une transition écologique juste ne peut se faire sans elles.
Ces huit axes constituent une feuille de route exigeante mais nécessaire. Au-delà des déclarations du 8 mars, les Etats et institutions sont invités à mettre en œuvre ces recommandations.









