Anzoga ottilie Céline, camerounaise, diplômée en droit des affaires, a vu sa vie prendre un tournant inattendu lorsque son fils, Perez, a été diagnostiqué autiste de niveau 2 alors qu’il était âgé de trois( 3) ans révolus. Face à l’adversité, elle a décidé de transformer son expérience en un parcours inspirant, de l’acceptation de l’handicap de son fils à la création d’une association.
« Des informations me venaient de plus en plus que mon enfant Perez, alors inscrit à la petite section de la maternelle était violent à l’école » .Quelque chose se passait…Dame Ottilie ne savait pas que ces remontées d’informations présageaient un malaise jusqu’àlors non devoilé chez son enfant. L’ accouchement s’était pourtant bien déroulé. C’est la deuxième fois qu’elle est maman, les choses ne se sont pas passées ainsi avec son premier garçon. Elle voulait donc comprendre ce qui n’allait pas chez son fils Perez. « C’est ainsi que je vais rencontrer le pédiatre qui me réfère à un neuropédiatre . Après une consultation et la prescription d’un electroencephalogramme ( EEG) , le diagnostic tombe : autisme niveau 2!!! Je suis ensuite référée chez une psychologue clinicienne et éducatrice spécialisée pour un suivi « , relate t-elle , nostalgique!
Perez lors de la cérémonie de passage au cours primaire
Le Diagnostic Bouleversant
Autisme !? Un mot tout nouveau dans la culture de cette jeune maman , tout autant que ses manifestations. Se retrouver face à un fils non verbal, agressif, hyperactif et introverti n’était pas chose aisée et courante. Cette situation plonge la mère de Perez dans une réalité difficile à accepter. « À ce moment, je commence à vivre l’enfer« , se souvient-elle amèrement.
Gérer le quotidien d’un enfant autiste surtout sans soutien pour son accompagnement clinique devient pénible pour cette mère qui vivait déjà une relation conflictuelle avec le père de son enfant. Seule, avec des ressources limitées, un enfant autiste sous les bras, Ottilie va devoir se surpasser pour tenter de guérir Perez.
Autisme: Stratégies Uniques de Communication
Guidée par son instinct de mère et galvanisée par cette brûlante volonté de voir son fils épanoui, la mère de Perez développe des stratégies novatrices pour relever le déficit de communication et d’interaction sociale chez son fils. Sur la base des conseils reçus par la psychologue qui l’a guidée vers une communication simplifiée avec son fils, elle met en place des mesures d’accompagnement uniques . » Les mots isolés et le langage par signe sont devenus des outils cruciaux pour établir une connexion avec Perez », explique t-elle.
La communication s’est développée avec le langage par signe, permettant à cette maman de comprendre les besoins pressants de Perez. « Quand je me rends compte qu’il ne maîtrise rien de son environnement, je commence à tout lui décrire , à parler de chaque étape de sa vie, expliquer chaque geste, à nommer tout ce qui l’entoure… Je forçais afin qu’il puisse tenir une cuillère, un bic, un objet. »
Cette immersion constante dans le monde de Perez a commencé à porter ses fruits lorsque Perez a prononcé sa première phrase en moyenne section maternelle.
Heureusement, Perez n’a pas été exclu de l’établissement, poursuivant son cursus malgré son caractère « particulier ».
L’ abnégation de Maman Pérez finit par payer en grande section, lorsque Perez a écrit intégralement son nom, son âge et le nom de sa mère maîtrisant au passage l’alphabet et les chiffres de 0 à 20 en chiffres et en lettres.
Ce succès a conduit à son admission à la Section d’Intégration Scolaire (SIL), puis en CP, et aujourd’hui, il est inscrit en CE1 à 9 ans, avec des résultats exceptionnels au premier trimestre.
Les Enseignements de Maman Pérez
Sur la base de son expérience, maman Perez souligne l’importance de l’acceptation du handicap, la persévérance, et l’amour dans le processus. Elle partage ses réflexions sur l’engagement des parents, soulignant que chaque petit effort compte dans le cheminement vers l’insertion sociale des enfants autistes. Elle encourage les parents à rester concentrés sur l’objectif d’insertion sociale et l’épanouissement des enfants autistes.
Elle insiste sur le rôle primordial des parents dans le processus d’accompagnement, soulignant que le parent demeure le meilleur spécialiste, susceptible de changer la donne étant donné qu’il passe plus de temps avec l’enfant que le spécialiste lors des thérapies.
« La première étape, c’est accepter le handicap, dominer le regard et les pensées de l’entourage, rester focus sur l’objectif : celui de renverser l’autisme« , relève t-elle.
Par ailleurs, Dame Ottilie avise : « Tous les enfants n’auront pas le même parcours, la même issue, cependant, il faut éviter d’abandonner. Ne jamais sous-estimer le tout petit effort consenti, et ne pas oublier de les encourager, de les féliciter même quand l’on est conscient qu’il n’a rien fait… Cela les galvanise aussi« .
Mme Anzoga Ottilie avec son fils Perez en mode complicité
Selon cette femme passionnée des questions de l’autisme , il est indispensable de garder une attitude positive à l’égard des enfants autistes pour éviter de leur transférer les ondes négatives. » Attention, l’attitude des parents pourraient davantage frustrer , par conséquent aggraver la situation.À travers le regard, ces enfants se connectent en nous, alors si nous laissons nos émotions négatives dominer, nous ferons d’eux des enfants tristes. Très vite, ils comprendront que leur existence constitue un fardeau ( cette déduction se fera surtout au regard d’une attitude différente des parents vis à vis de leurs autres frères) » , prévient-elle.
Le Rêve Ambitieux
Anzoga Ottilie est optimiste! Oui , un enfant autiste peut vivre une vie normale! Elle a vécu l’expérience avec son fils Perez et s’engage à faire ce travail d’information et à partager ce message d’espoir autour d’elle. » L’ autisme n’est pas une fatalité ». Dans cet élan, elle multiplie les sorties pour porter sa voix, les médias de son pays sont mis à contribution, les espaces culturels sont exploités, les rencontres se multiplient, les réseaux sociaux sont pris d’assaut, une production musicale a même été explorée… Infatigable , Mme Ottilie saisit toute occasion qui se présente à elle pour porter le message ultime : il faut briser le mythe autour de l’autisme.
Pour concrétiser sa mission, la mère de Perez a créé « Autist’s Hope Land Cameroon Association », une association qui a pour objectifs de changer la perception de l’autisme dans nos sociétés et de permettre à ces enfants dits « particuliers » de vivre une vie « normale ». A travers cette structure, Dame Ottilie veut sensibiliser, briser les stigmates et dévoiler le meilleur de ces enfants « particuliers ».
Passage à l’émission « C Comment » sur Canal 2 International (De gauche à droite Mme Anzoga , Perez et Mme Joyce Fotso , animatrice de l’émission- C’est elle qui a permis à Mme Anzoga de parler de l’autisme pour la première fois sur un media- )
Le parcours éducatif de Perez, marqué par des progrès significatifs a été la force motrice derrière cet engagement « J’ai décidé de créer cette association dans l’optique de partager mon expérience, sensibiliser pour briser le mythe, et démontrer qu’un enfant autiste est bourré de talents, d’aptitudes au même titre que ceux des enfants dits normaux. Il faut simplement les accompagner, les stimuler, les orienter. »
Au-delà de son propre succès avec Perez et de la création de son association, la fondatrice de » Autist’s Hope Land Cameroon Association » nourrit un rêve grandiose : la construction d’un grand centre inclusif avec internat, accueillant des enfants de partout. Pour poursuivre sa mission et atteindre cet idéal d’inclusion de tous ces enfants mis en marge, Mme Ottilie souhaite mettre à contribution toute personne sensible à la cause , les ONG, les institutions financières, les entreprises publiques, privées du monde entier pour la soutenir en mobilisant des fonds pour la construction de ce centre d’accueil, des outils adaptés et la ressource humaine . Jusqu’ici Dame Anzoga se sert de son salaire et des prêts pour le fonctionnement de son œuvre sociale privée et a réussi à acquérir sur fonds propres, l’espace dédié à cette cause. A ce jour, Ottilie accompagne, en marge de ses obligations professionnelles, de nombreux enfants autistes de par le monde à travers le coaching et l’accompagnement parental.
Photo d’ensemble avec Perez devant l’enseigne de Autist’s Hope Land
Alors que la mère de Perez, aujourd’hui cadre contractuel d’administration âgée de 44 ans, célèbre bientôt six années de sa vie dédiées à son fils autiste, elle exprime sa satisfaction et rend grâce à Dieu de l’avoir inspirée. Témoignage vibrant d’une femme qui a eu « la grâce d’être la mère d’un enfant autiste » ,selon ses mots, l’ histoire de la mère de Perez inspire à dépasser les limites et à envisager un futur où l’inclusion est la norme ./.




