La 8ᵉ Foire aux Droits de la Femme, organisée par le Groupe de Réflexion et d’Action Femme, Démocratie et Développement (GF2D) avec l’appui de la GIZ a rouvert ses portes à Lomé . Pendant deux jours, les 13 et 14 août 2025, le quartier de Hédzranawé (Commune Golfe 2) a été la scène d’une initiative à la fois solidaire, militante et innovante . Objectif : rapprocher gratuitement services juridiques, médicaux et administratifs des femmes, en particulier celles qui n’ont ni les moyens financiers ni le temps d’y accéder.
Durant ces deux journées, les participantes ont pu bénéficier de prestations variées :Établissement de certificats de nationalité et jugements supplétifs , consultations juridiques par magistrats, avocats, notaires et huissiers, délivrance d’actes de naissance, dépistage du VIH et examens de prévention du cancer du sein.
« Beaucoup de femmes ignorent encore leurs droits ou ne peuvent pas se permettre d’accéder à des services essentiels. En centralisant tout ici, nous leur donnons les moyens de se protéger et de se défendre », explique Mme Gina Bayi Adekambi, directrice exécutive du GF2D.
Combattre les inégalités au-delà des textes
Si le Togo reconnaît l’égalité entre hommes et femmes dans sa législation, la réalité est plus complexe : violences basées sur le genre, méconnaissance des droits, lenteurs judiciaires et stigmatisation sociale continuent de freiner l’application effective de cette égalité.
La foire se présente ainsi comme un espace de réparation et d’espoir où les femmes victimes d’abus trouvent écoute, conseils et solutions concrètes.
Le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a profité de l’événement pour lancer un appel urgent au don de sang, rappelant que sauver des vies dépend aussi de la solidarité collective.
Au-delà de l’assistance immédiate, l’événement a intégré des ateliers et rencontres avec des structures spécialisées en entrepreneuriat, afin de sensibiliser les femmes à l’autonomisation financière et à la création d’activités génératrices de revenus.
Une action saluée par les autorités locales
Présidée par Mme Godovi Traoré, représentante du ministère de l’Action sociale, la cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités, dont M. Sylvestre Assiah, adjoint au maire du Golfe 2, qui a souligné :
« De nombreuses veuves et victimes de violences se retrouvent sans ressources ni soutien. Cette foire leur redonne espoir et dignité ».
En offrant gratuitement ce que l’injustice sociale rend souvent inaccessible, la Foire aux Droits de la Femme prouve que l’accès à la justice et à la santé ne doit pas dépendre du portefeuille. Plus qu’un événement, c’est un acte militant pour une société plus équitable et inclusive









