L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme face à la décision de l’administration américaine de se retirer de l’agence onusienne. Depuis le siège de l’OMS à Genève, ce 13 janvier, le directeur général, de l’organisation Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est exprimé qualifiant cette décision de « dangereuse », non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour le reste du monde. Une inquiétude majeure se pose : l’affaiblissement de la coopération internationale en matière de santé, pilier essentiel du droit fondamental à la santé.
Cette décision américaine remonte au 20 janvier 2025. Quelques heures après son retour à la présidence, Donald Trump a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de l’OMS. Une procédure formelle d’un an a alors été engagée, dont l’achèvement est attendu la semaine prochaine.
Cette annonce intervenait alors que les systèmes de santé mondiaux étaient fragilisés par les conséquences de la pandémie de Covid-19, les crises humanitaires et les coupes budgétaires dans l’aide internationale. Pour le chef de l’agence onusienne, cette décision compromet directement la sécurité sanitaire mondiale, un enjeu indissociable des droits humains. « Le retrait de l’OMS est une perte pour les États-Unis, et c’est aussi une perte pour le reste du monde », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus à cet effet.
Selon lui, se désengager de l’OMS revient à affaiblir les mécanismes de prévention, de surveillance et de réponse aux crises sanitaires. « Ce retrait met en danger la sécurité des États-Unis (…) et celle du reste du monde ; ce n’est donc pas la bonne décision », a-t-il laissé entendre.
Les États-Unis figurent historiquement parmi les principaux contributeurs financiers et techniques de l’agence. Leur départ soulève donc des interrogations sur l’avenir de la gouvernance sanitaire mondiale et sur la capacité collective à faire face aux futures pandémies. Le directeur général de l’OMS a rappelé que de nombreuses actions menées par l’organisation bénéficient directement aux États-Unis. Surveillance des épidémies, préparation aux urgences sanitaires, renforcement des systèmes de santé : autant de domaines dans lesquels l’OMS joue un rôle central. « Les États-Unis ne peuvent pas être en sécurité sans collaborer avec l’OMS », a martelé Tedros Adhanom Ghebreyesus, exprimant l’espoir que Washington revienne sur sa décision.
Implications juridiques
Sur le plan juridique, le retrait des États-Unis de l’OMS reste entouré d’incertitudes. Le conseiller juridique principal de l’organisation, Steve Solomon, a expliqué que la Constitution de l’OMS ne prévoit pas explicitement de clause de retrait. Toutefois, lors de leur adhésion en 1948, les États-Unis avaient prévu la possibilité de se retirer sous certaines conditions. Parmi elles : un préavis d’un an et le règlement intégral des cotisations dues.
Steve Solomon précise toutefois que « les États-Unis sont en retard de paiement pour 2024 et 2025 ». Les montants exacts n’ont pas été précisés, mais cette situation pourrait compliquer la finalisation du retrait. Les États membres devront examiner si les conditions requises sont effectivement remplies.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a rappelé que le financement reste indispensable pour permettre à l’OMS de remplir pleinement sa mission. Vaccination, lutte contre les maladies transmissibles, accès équitable aux soins : autant de domaines menacés par l’instabilité financière. Pour les organisations de défense des droits humains, ces coupes compromettent directement l’accès aux soins de millions de personnes, accentuant les inégalités sanitaires à l’échelle mondiale.
« Ce qui compte le plus, c’est la solidarité, la coopération et la préparation du monde entier à toute éventualité », a-t-il souligné, évoquant des menaces communes comme les pandémies. L’exemple du Covid-19 reste dans toutes les mémoires, rappelant le coût humain et social d’un manque de coordination internationale.









