Le ministère togolais de la Planification du développement et UNICEF ont réuni ce 17 février des journalistes autour d’un café de presse dédié à l’initiative du « Grand Rattrapage » vaccinal. La rencontre , soutenue par l’Alliance du Vaccin GAVI et KS relief, vise à renforcer l’engagement des professionnels de l’information dans la lutte contre la désinformation et dans la promotion de la vaccination, afin de restaurer les couvertures vaccinales fragilisées par la pandémie de COVID-19 et d’atteindre les enfants “zéro dose”.
Les chiffres présentés lors de la rencontre sont préoccupants : entre 2020 et 2022, près de 69 672 enfants n’avaient reçu aucune dose de vaccin, tandis que plus de 94 000 présentaient un schéma vaccinal incomplet. Orateur principal de la rencontre, le Dr Aimé Serge Dani, spécialiste de la survie de l’enfant à l’UNICEF Togo, a dressé un état des lieux sans détour. Selon lui, la pandémie a provoqué un recul significatif de la vaccination de routine, exposant des milliers d’enfants à des maladies pourtant évitables.
«Ces enfants non vaccinés sont exposés à des risques graves », a-t-il expliqué en substance, insistant sur la nécessité d’une réponse structurée et communautaire.Face à cette urgence, le gouvernement, à travers le ministère de la Planification du développement avec l’appui de l’UNICEF et en coordination avec le ministère de la Santé a lancé l’initiative du « Grand Rattrapage ». Objectif : identifier, localiser et vacciner les enfants de 0 à 5ans n’ayant reçu aucune dose de vaccin.

Dr Aimé Serge Dani, spécialiste de la survie de l’enfant à l’UNICEF Togo
Déployée dans 17 districts sanitaires du Grand Lomé, de la Maritime, des Plateaux et de la Kara, l’initiative repose sur une approche innovante de marketing social et de mobilisation communautaire. La stratégie s’articule autour de trois axes : la co-construction avec les communautés ; le changement social et comportemental ;le renforcement de la supervision. Selon les responsables sanitaires, plus de 60 000 enfants ont déjà été rattrapés, avec un objectif de couverture fixé à 70 % atteint dans les zones ciblées. Ainsi, 157 Comités de Suivi de la Vaccination ont été mis en place afin d’adapter les messages aux réalités locales, de lutter contre les rumeurs et de rétablir la confiance.
A l’ère de la désinformation, l’enjeu est aussi communicationnel que sanitaire.Les responsables présents ont insisté sur le rôle déterminant des médias. Informer, éduquer , sensibiliser, contextualiser les données scientifiques, donner la parole aux experts et aux communautés : autant d’actions sensibilisatrices pour combattre les fausses informations et renforcer l’adhésion des familles.
Au Togo, l’enjeu est aussi territorial : garantir que chaque enfant, qu’il vive en zone urbaine ou rurale, ait accès aux mêmes services essentiels. Le « Grand Rattrapage » ne se limite donc pas à une campagne ponctuelle ; il s’inscrit dans une logique de renforcement du système de santé et de consolidation du capital humain.

Présentation du taux de couverture vaccinal
Selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé, la vaccination permet d’éviter chaque année entre 3,5 et 5 millions de décès dans le monde. Elle constitue l’un des investissements de santé publique les plus rentables et les plus équitables. La vaccination protège les enfants contre quatorze maladies évitables, parmi lesquelles la poliomyélite, la rougeole-rubéole, la diphtérie, le tétanos, l’hépatite B, le paludisme ou encore les infections à pneumocoque et le virus du papillome humain (VPH).
Médias et société civile
Au delà du grand rattrapage, le rôle des medias peut également s’étendre à plusieurs autres prérogatives. La rencontre a également permis de présenter la plateforme numérique United Nations Partner Portal (UNPP), outil commun aux agences onusiennes pour la sélection et l’évaluation de leurs partenaires. Les organisations de la société civile, y compris les médias, sont invitées à s’y enregistrer afin de répondre à des appels à manifestation d’intérêt.









