La réinsertion sociale et économique des enfants en conflit avec la loi reste un défi majeur au Togo, malgré les efforts des organisations de la société civile à travers leurs programmes et services. Le Bureau National Catholique de l’Enfance Togo (BNCE Togo) a pris l’initiative d’une session de travail les 13 et 14 août 2024 à Lomé, réunissant les principaux acteurs du domaine. L’objectif : élaborer un plaidoyer pour l’adoption, par l’État, d’une politique sectorielle consacrée à la réinsertion des mineurs en conflit avec la loi.
Cette rencontre stratégique vise à définir une approche claire et adaptée pour intégrer ces enfants dans une politique nationale de réintégration sociale. Les participants devront également déterminer le thème précis du plaidoyer ainsi que les institutions ciblées pour porter cette initiative.
Selon Tsandja Afangnon Messan, Directeur Exécutif du BNCE Togo :
« Nous souhaitons que ce plaidoyer aboutisse à un document de référence pour la réinsertion des enfants en conflit avec la loi, avec un budget conséquent. Cela permettra de mieux accompagner ces enfants et de prévenir la récidive. »
Des avancées notables, mais insuffisantes
Depuis quelques années, des progrès ont été réalisés au Togo pour améliorer l’accompagnement des mineurs ayant commis des actes répréhensibles. À Lomé, un centre d’accès au droit et à la justice a été créé pour accueillir ces enfants dans un cadre adapté, évitant ainsi leur placement dans des prisons classiques. Cependant, ces structures demeurent limitées et concentrées dans la capitale.
Le BNCE Togo plaide pour une extension de ces centres à d’autres villes du pays, afin d’assurer un traitement équitable et adapté à tous les enfants concernés. Ces centres spécialisés seraient essentiels pour éviter leur détention dans des établissements non appropriés et pour garantir leur réinsertion réussie.
Une politique pour prévenir la récidive
La mise en place d’une politique sectorielle ambitieuse et dotée de moyens financiers adéquats est cruciale pour transformer l’avenir de ces enfants. Une telle démarche pourrait non seulement renforcer leur réinsertion sociale et économique, mais également contribuer à une prévention efficace de la récidive, favorisant ainsi une société plus inclusive et résiliente.
Le BNCE Togo appelle donc à une mobilisation collective et à un engagement ferme de l’État pour répondre à cet enjeu. Une politique nationale bien structurée et soutenue financièrement offrirait des perspectives réelles pour ces jeunes, leur permettant de reprendre leur place dans la société avec dignité et espoir.









