Une vidéo filmée dans une salle d’accouchement de l’Hôpital Général de Référence de Kinkole en RDC a provoqué une onde de choc nationale. On y voit le médecin , Dr David Balanganayi gifler à plusieurs reprises une jeune femme nue et en état de choc post-partum, alors qu’elle refusait une suture sans anesthésie. Diffusée massivement sur les réseaux sociaux, la scène a entraîné l’arrestation du praticien, l’ouverture d’une procédure disciplinaire par l’Ordre des médecins, et une réaction unanime des plus hautes autorités de l’État congolais de ce pays où la mortalité maternelle s’élève à 547 décès pour 100 000 naissances vivantes, selon l’UNICEF.
C’est à l’Hôpital Général de Référence de Kinkole à Kinshasa, que se déroule l’indicible. Dans la vidéo qui présente les faits, on y voit une jeune femme qui vient d’accoucher( le ventre encore arrondi) allongée nue, criant désespérément sous les coups d’un homme en blouse . Selon les recoupements , la dame concernée souffre d’une hémorragie post-partum suite à un accouchement par épistémologie. Recoudre la déchirure nécessitant une suture en urgence, elle refuse la procédure sans anesthésie. La tension monte dans la salle.C’est alors que le Dr David Balanganayi, médecin et pasteur de son état, perd le contrôle. Il gifle la patiente à plusieurs reprises à la tête, la menace verbalement et la maintient de force sur la table pour procéder à la suture. Le praticien demande à un membre du personnel soignant de filmer la scène comme preuve de non- coopération de la patiente au cas où le pire adviendrait.
La vidéo fuite, présentant une femme nue, en état de vulnérabilité, rouée de coups et subissant à la fin un soin sans anesthésie.La violence des images est inouïe…La vidéo se propage à la vitesse de l’éclair sur Facebook, X et WhatsApp, avant d’être relayée par des médias congolais et internationaux. L’indignation est immédiate et massive.Des heures plus tard, les réactions se succèdent à un rythme inédit.
Vague de réactions
Des médecins congolais signent une pétition exigeant une enquête disciplinaire, rappelant que « l’hôpital doit rester un lieu de soins, de dignité et de protection, jamais de souffrance ». Dans un post publié sur son compte Facebook, le médecin se défend , expliquant vouloir tout tenter de sauver la mère et le bébé en urgence, sans anesthésiste et sans coopération de la concernée « . Les propos ne convainquent pas. L’ONG » Sauvons la corporation médicale » et un collectif de praticiens déposent plainte pour « violence, atteinte à la dignité et violation de l’éthique médicale ». Dans le même temps, l’Ordre des médecins de RDC ouvre immédiatement une procédure disciplinaire, envisageant une radiation définitive du praticien. Le ministre provincial de la Santé de Kinshasa convoque en urgence le comité urbain de l’Ordre et déclare publiquement : « Au niveau de l’Ordre des médecins, nous plaidons pour qu’il soit radié parce que ça, ça fait la honte de notre corporation».
À l’échelle nationale, le ministre de la Santé Dr Roger Kamba monte au créneau sans ambiguïté : « J’ai instruit personnellement que cette personne n’exerce plus jamais la médecine en RDC. Toutes les fautes déontologiques sont résumées dans cette vidéo, qui est juste insupportable. » Il pointe notamment le scandale de la captation vidéo : filmer un patient en état de nudité totale, puis le publier, constitue en soi une violation grave des droits fondamentaux. La Première ministre Judith Suminwa a également pris la parole, qualifiant les faits de « profondément choquants et totalement inacceptables », et rappelant qu’« aucun contexte, aucune circonstance ne saurait justifier de tels actes dans un lieu censé garantir la vie, la sécurité et la dignité humaine ». Elle a instruit les ministres concernés de renforcer sans délai les mécanismes de protection des patientes dans toutes les structures de santé du pays, de garantir les droits fondamentaux de chaque mère congolaise, et de veiller à ce que justice soit rendue.
Arrestation : Dr David Balanganayi mis en garde à vue
Auditionné dans les heures qui ont suivi l’éclatement du scandale, le Dr David Balanganayi a été interpellé ce 26 mars par les forces de l’ordre congolaises, puis placé en garde à vue. Une instruction judiciaire suit son cours, sous la pression conjuguée de la société civile, du corps médical et des plus hautes autorités de l’État.
Dans ce contexte d’indignation générale, la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi a tenu à apporter son soutien personnel à la jeune maman. Allant au-delà de la déclaration politique, elle s’est directement impliquée auprès de la victime. Son geste a été salué comme un signal fort en faveur de la dignité des femmes congolaises en milieu hospitalier.
La RDC figure parmi les pays au monde où accoucher reste une épreuve à haut risque : selon un rapport conjoint de l’UNICEF, de l’OMS et de l’UNFPA, le pays enregistre 547 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.Le manque de personnel qualifié, l’absence d’analgésie de routine, et la culture du silence autour de la douleur féminine créent un terreau fertile à ces abus. La violence obstétricale est aujourd’hui reconnue comme une forme de violence de genre par l’OMS et de nombreuses instances internationales. En RDC, aucun cadre légal spécifique ne la criminalise encore à ce jour







