En 2026, l’Afrique commémore une étape majeure de son engagement en faveur des droits humains : le 40ᵉ anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. À cette occasion, des organisations panafricaines de défense des libertés et des droits de l’homme lancent un appel solennel à la mobilisation, mettant particulièrement l’accent sur la liberté d’expression et la protection des journalistes, dans un contexte continental marqué par des atteintes persistantes aux droits fondamentaux .
Le communiqué est conjointement porté par Benoit S. Ngom, président fondateur de l’Académie Diplomatique Africaine , initiateur du Projet Académie Panafricaine des Droits de l’Homme et Yao Noël, président de l’Union des Journalistes de la Presse Libre Africaine (UJPLA).
À travers cette prise de position commune, ces deux acteurs , l’un issu du champ diplomatique et académique, l’autre du monde des médias et du journalisme indépendant entendent rappeler que la défense des droits humains et de la liberté d’expression ne peut être dissociée du rôle des journalistes, ni reléguée au second plan des priorités politiques africaines. Leur appel s’inscrit dans une volonté assumée de réactiver l’esprit fondateur de la Charte africaine et d’en faire un instrument vivant au service des citoyens du continent.
« Cet anniversaire ne saurait se réduire à une simple commémoration symbolique . Il constitue, au contraire, un moment historique de responsabilité collective, appelant à une mobilisation continentale en faveur de la défense et de la promotion effectives des droits de l’homme en Afrique » , souligne le document.
Un texte juridique et politique fragile
Quarante (40) ans après son entrée en vigueur, le bilan de la Charte est qualifié de « contrasté ». Si des institutions continentales et nationales ont été créées, les violations des droits humains restent fréquentes. Le communiqué rappelle à cet effet que les progrès obtenus ont souvent été entravés par « les réticences initiales de nombreux États, les lenteurs des ratifications et les engagements parfois purement déclaratoires » .
Parmi les libertés consacrées par la Charte, la liberté d’expression occupe une place centrale. Elle est décrite comme « le socle de toute société démocratique », condition indispensable à la participation citoyenne, à la transparence et à la paix sociale .
Or, dans de nombreux pays africains, cette liberté demeure gravement menacée. Le communiqué dresse un constat alarmant : journalistes et professionnels des médias continuent de faire face à « l’ostracisme, intimidations, poursuites judiciaires abusives, détentions arbitraires [et aux] violences physiques » . Ces atteintes, rappellent les auteurs, ne visent pas seulement des individus, mais affaiblissent l’ensemble du corps social en réduisant l’espace civique.
Un appel à tous les acteurs africains
Face à ces défis, le communiqué lance un appel clair à l’ensemble des acteurs du continent. Les États africains sont invités à « renouveler leur engagement politique en faveur de la mise en œuvre effective de la Charte » et à garantir la sécurité des journalistes. Les institutions de l’Union africaine sont appelées à renforcer les mécanismes de prévention et de sanction, tandis que la société civile, les médias et les universitaires sont encouragés à se réapproprier l’esprit de la Charte pour en faire « un instrument vivant de transformation sociale ».
Les citoyens africains, enfin, sont interpellés directement : la défense des droits humains ne saurait être déléguée aux seules institutions, mais doit devenir « un combat quotidien ». Pour ses initiateurs, le 40ᵉ anniversaire de la Charte africaine doit marquer un tournant. « L’histoire jugera notre génération non sur notre capacité à la célébrer, mais sur notre volonté et notre capacité à la faire vivre pleinement », avertit le communiqué .
A propos de la charte africaine des droits de l’homme
Adoptée à Nairobi en 1981 et entrée en vigueur cinq ans plus tard, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples occupe une place singulière dans le système international de protection des droits humains. Elle se distingue par une approche qui combine droits individuels et collectifs, tout en intégrant les devoirs des citoyens et la notion de solidarité.
Le texte est né dans un contexte de profondes mutations politiques, à une époque où de nombreux États africains étaient encore marqués par des régimes autoritaires et des transitions postcoloniales fragiles et incarnait un pari audacieux : celui de placer la dignité humaine, les libertés fondamentales et la solidarité au cœur du projet politique africain.
Quarante (40) ans plus tard, ce pari reste d’actualité.
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