Lutte contre la corruption : comment impliquer les jeunes et les femmes et promouvoir les valeurs de l’intégrité? Le sujet était au cœur d’un événement citoyen organisé par Alternative Leadership Group (ALG)ce samedi 31 janvier à son siège à Zanguera . L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Leadership, plaidoyer et action : transformer les communautés par l’exemple » et vise à former et outiller les jeunes et les femmes sur la compréhension du phénomène de la corruption, ses différentes manifestations et les moyens concrets d’y faire face . L’événement a enregistré la présence de plusieurs personnalités, dont un représentant de la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) ainsi que du maire de la commune d’Agoe Nyivé Zanguera , Pierre Kossi Gbenyo Lamadokou , venus marquer leur soutien à cette démarche citoyenne.
Dans le cadre de la mise en oeuvre du projet mis en œuvre en partenariat avec la GIZ et la HAPLUCIA, l’ALG a élaboré un guide stratégique intitulé « Lutte contre la corruption et promotion de l’intégrité : les jeunes et femmes leaders s’engagent ». Ce guide qui se positionne comme un document de référence, vise à structurer, renforcer et harmoniser les actions de sensibilisation, de plaidoyer et de veille citoyenne menées par les Clubs Citoyens de Citoyenneté (CCC) déployés sur l’ensemble du territoire national. Conçu comme un outil pédagogique, le document de 20 pages explique de manière simple ce qu’est la corruption, en illustre les formes courantes et met en lumière ses conséquences sociales et économiques.Le guide propose également des pistes concrètes pour prévenir et combattre la corruption, notamment dans les milieux scolaire, communautaire et professionnel. Il met l’accent sur les valeurs d’intégrité, de responsabilité et de redevabilité, tout en encourageant les jeunes à devenir des acteurs de changement dans leurs communautés.

Page de couverture du guide
Le guide analyse également l’impact de la corruption sur les jeunes, les femmes et le développement. Il met en évidence le fait que la persistance de pratiques corruptives peut entraîner une perte de confiance des jeunes envers les autorités locales, voire envers l’État lui-même . « Il est important que la lutte contre la corruption commence par nous. Chacun a son niveau doit promouvoir et cultiver l’intégrité. On ne peut pas dénoncer la corruption et la reproduire dans nos familles, nos associations ou nos quartiers « , a laissé entendre Henoc Komi Ayivor, Responsable du club citoyenneté de Zanguera.
Le guide propose par ailleurs, une présentation claire des textes juridiques et des lois nationales, ainsi que les différentes mesures mises en place par l’État togolais pour combattre la corruption. Il invite chaque citoyen à devenir un modèle, en particulier pour les jeunes, qui constituent aujourd’hui la majorité de la population.

Henoc Komi Ayivor, responsable du club citoyenneté de Zanguera
La rencontre citoyenne de l’ALG s’inscrit dans une dynamique de prévention qui mise sur l’éducation et l’engagement citoyen comme leviers durables de changement. Des dizaines de jeunes et des femmes de la commune ont pris part à cette activité de sensibilisation axée sur des échanges participatifs. À l’origine de cette initiative, un constat partagé par les organisateurs . « La corruption et ses pratiques assimilés constituent un frein à l’accès des services publics, la participation citoyenne, le développement communautaire, la transparence et favorise l’abus de pouvoir. Cet état de choses fragilisent les institutions, entravent l’accès équitable aux services publics et freinent le développement » a expliqué Samtou Akaolo, coordinatrice des activités de l’ALG.

Il est donc indispensable, explique t-elle, de mettre à contribution les jeunes , acteurs clés de demain pour changer les choses. . » La corruption ne commence pas uniquement dans les hautes sphères. Elle prend racine dans les petits arrangements du quotidien « , a t elle rappelé soulignant l’importance d’agir en amont par la sensibilisation et l’éducation.
Les jeunes ont ainsi été initiés aux fondements de l’intégrité, considérée comme un pilier essentiel de la citoyenneté et du leadership responsable. L’objectif est de former une génération consciente de son rôle dans la construction d’une société plus juste et plus transparente. Les échanges avec les jeunes ont permis d’aborder des situations concrètes auxquelles ils sont confrontés dans leur quotidien, notamment dans les milieux scolaire, administratif et communautaire.
À travers des discussions ouvertes, des témoignages, des questions-réponses et des mises en situation, les participants ont été invités à réfléchir à leur rôle en tant qu’acteurs du changement.Pour beaucoup, cette rencontre a constitué une véritable prise de conscience. « On comprend mieux pourquoi refuser un petit arrangement aujourd’hui peut changer beaucoup de choses demain », a confié un participant. Un autre a souligné que « la corruption ne commence pas seulement à haut niveau, mais aussi dans les petits actes du quotidien ».
Les jeunes, piliers de la lutte contre la corruption
Dans son intervention, le responsable de la HAPLUCIA a insisté sur le rôle stratégique de la jeunesse dans la prévention de la corruption.« L’implication des jeunes dans la lutte contre la corruption est un pilier essentiel. Les jeunes représentent 60 % de la population togolaise et plus de 61 % de la population africaine. Ils constituent donc des acteurs majeurs à impliquer dans ce combat », a-t-il déclaré, estimant que le guide présenté constitue « une base d’intervention solide ».Il a rappelé que l’intégrité ne se limite pas aux discours, mais se traduit par des choix quotidiens et des comportements responsables, appelant les jeunes à devenir des relais de sensibilisation dans leurs milieux. Le Maire de la commune d’Agoè-Nyivé 5, Dr Kossi Gbegnon Lamadokou, a de son côté réaffirmé la disponibilité de sa collectivité à accompagner cette dynamique de l’Alternative Leadership Group (ALG) et a exprimé son intention d’explorer les possibilités d’un partenariat formel avec l’association pour intensifier les actions entreprises. L’autorité a rappelé que la corruption constitue un frein majeur au développement local et à la confiance entre les citoyens et les institutions, soulignant que l’éducation à l’intégrité représente une réponse durable pour impulser un changement de mentalités.

L’association compte poursuivre et renforcer ses actions de sensibilisation afin d’ancrer durablement les valeurs d’intégrité dans les communautés. Dans les prochains jours, l’ALG entend vulgariser le guide en le mettant à disposition des membres communautaires de citoyenneté dans toutes les localités concernées. Ces derniers utiliseront ce guide comme outil pour sensibiliser leurs différentes communautés dans la lutte contre la corruption. L’ Alternative Leadership Group compte huit (8) clubs communautaires présents dans plusieurs villes notamment Lomé, Aneho, Atakpame, sokode , kara , Dapaong.









