L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ( FAO) alerte sur la disparition accélérée des variétés locales de cultures et plantes sauvages en Afrique. Dans un rapport intitulé « the State of the World’s Plant Genetic Resources for Food and Agriculture », l’organisation analyse l’état des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (PGRFA) dans 113 pays, avec un focus alarmant sur le continent africain. Il en ressort que la sécurité alimentaire est menacée mettant en peril les droits des communautés rurales et accentuant les inégalités et la dépendance aux semences importées.
Ce rapport qui couvre la période 2014-2021 est le troisième document d’évaluation mondiale, sur les cultures alimentaires. Selon le document, les variétés locales de sorgho, millet, igname, riz et coton traditionnel, adaptées aux sols et climats locaux depuis des générations, disparaissent des exploitations. Sur les 12 000 variétés paysannes africaines inventoriées, 16% sont menacées d’extinction, particulièrement en Afrique subsaharienne où les sécheresses s’intensifient avec un réchauffement 1,5 fois plus rapide que la moyenne mondiale. Selon l’organisation, les cultures de base sont mieux résilientes que les hybrides commerciaux aux sécheresses et chaleurs croissantes. Ces pertes réduisent donc les options des agriculteurs face à l’intensification des crises climatiques, où les sécheresses représentent 65% des urgences semencières dans au moins 20 pays africains.
Le rapport détaille des taux variables de variétés locales menacées : 42% en Afrique australe, 29% en Afrique centrale, 26% en Afrique du Nord, 18% en Afrique de l’Ouest et 6% en Afrique de l’Est.
Plus de 70% des parents sauvages des cultures et plantes alimentaires sauvages sont en danger, soit deux fois la moyenne mondiale, incluant baobab, karité, marula, tamarin, manguier africain (Irvingia gabonensis), amarante, morelle africaine et feuilles de niébé.Ces plantes fournissent des nutriments essentiels et servent de filet de sécurité lors de pénuries, mais subissent une surexploitation et des impacts climatiques. Yurdi Yasmi, directeur de la production et protection végétales à la FAO, qualifie cela de « crise silencieuse » qui affaiblit l’adaptation au climat surtout sr le continent africain qui se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale.
La FAO exhorte par conséquent les gouvernements africains, donateurs et institutions à investir dans la conservation in situ, la cryoconservation, les stratégies nationales et la coordination entre agriculteurs, banques de semences et systèmes communautaires. Selon l’organisation, Seuls 5 pays subsahariens disposent de stratégies nationales sur les ressources génétiques végétales,. Renforcer et dupliquer ces efforts protège non seulement la biodiversité, mais aussi les droits à l’alimentation et à un environnement sain pour les générations futures.








