Le Système des Nations Unies (SNU) au Togo a présenté, le 29 juillet 2026 à Lomé, son Rapport annuel 2025, qui dresse le bilan des actions conduites en partenariat avec le gouvernement togolais. Plus de 1,2 million de personnes ont bénéficié directement des programmes mis en œuvre dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de la gouvernance et de la résilience climatique. Au-delà des chiffres, le rapport met en évidence les progrès réalisés dans l’accès aux services essentiels et la protection des droits fondamentaux.
Le Rapport annuel 2025 du Système des Nations Unies au Togo retrace les résultats obtenus dans le cadre du Cadre de coopération 2023-2027, principal instrument qui oriente les interventions des agences onusiennes aux côtés des autorités togolaises.Présenté à Lomé par la Coordonnatrice résidente, Coumba D. Sow, en présence des représentants des différentes agences des Nations Unies, le document revient sur une année marquée par des défis sécuritaires, économiques et climatiques, mais aussi par la poursuite des investissements en faveur du développement humain.
« Les résultats présentés démontrent qu’en dépit des défis sécuritaires, climatiques et financiers, les partenariats fondés sur la confiance et la solidarité peuvent produire des changements durables », a déclaré Coumba D. Sow. Selon elle, ces actions contribuent à construire « un Togo plus résilient, plus inclusif et mieux préparé aux défis de demain ».
Le rapport souligne que plus de 1,2 million de personnes, parmi lesquelles des réfugiés et des personnes déplacées internes, ont bénéficié directement des programmes déployés au cours de l’année 2025.
Santé : des avancées pour renforcer le droit aux soins
Le secteur de la santé constitue l’un des principaux domaines d’intervention du Système des Nations Unies. Les actions engagées visent à améliorer l’accès à des services de santé de qualité, notamment pour les femmes, les enfants et les populations vivant dans les zones les plus vulnérables. Le rapport rappelle que le Togo est devenu le premier pays africain à avoir introduit le vaccin contre le paludisme à l’échelle nationale, une étape importante dans la lutte contre une maladie qui demeure l’une des premières causes de mortalité infantile sur le continent.
Les agences des Nations Unies mettent également en avant une réduction de 25 % du nombre d’enfants non vaccinés, le déploiement de plus de 2 000 agents de santé communautaires équipés d’outils numériques ainsi que l’installation de 21 nouveaux centres de soins obstétricaux et néonatals d’urgence.Ces investissements participent au renforcement du droit à la santé, consacré par plusieurs instruments internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Ils contribuent également à réduire les inégalités d’accès aux soins entre les territoires et les catégories de population.
L’éducation, un levier contre les inégalités
Le rapport met également en avant les résultats obtenus dans le secteur de l’éducation.Grâce au programme de cantines scolaires, près de 64 000 enfants ont pu poursuivre leur scolarité au cours de l’année écoulée. Près de cinq millions de repas ont été servis dans les établissements bénéficiaires. Au-delà de l’amélioration de la nutrition des élèves, ces dispositifs contribuent à limiter les abandons scolaires, particulièrement dans les zones rurales, où les difficultés économiques peuvent compromettre la fréquentation régulière de l’école.L’accès à une éducation de qualité demeure un droit fondamental reconnu par la Convention relative aux droits de l’enfant et constitue l’un des leviers essentiels pour réduire les inégalités sociales.
Femmes et jeunes au cœur des initiatives économiques
Le développement économique constitue le premier axe stratégique du Cadre de coopération 2023-2027. En 2025, plus de 50 000 personnes, en majorité des femmes et des jeunes, ont bénéficié d’un accompagnement destiné à renforcer leur autonomie économique.Les interventions ont concerné le développement des chaînes de valeur agricoles, la digitalisation des activités de production, le soutien à l’entrepreneuriat ainsi que l’accès aux marchés régionaux grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le rapport souligne également que les coopératives agricoles accompagnées ont pu recouvrer plus d’un milliard de francs CFA de crédits destinés aux intrants agricoles.Ces initiatives visent à améliorer les revenus des producteurs tout en favorisant une croissance économique plus inclusive, condition essentielle à la réalisation de plusieurs droits économiques et sociaux.
Climat : restaurer les écosystèmes pour protéger les populations
Face aux effets croissants des changements climatiques, les Nations Unies poursuivent également leur appui aux politiques de restauration des ressources naturelles.En 2025, plus de 1,5 million d’arbres ont été plantés et plus de 110 000 hectares de terres ont été restaurés, protégés ou gérés selon des pratiques durables.Ces actions répondent à un double objectif : préserver les ressources naturelles et renforcer les capacités d’adaptation des communautés rurales dont les moyens de subsistance dépendent largement de l’agriculture.Dans un contexte marqué par la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, la protection de l’environnement constitue aussi un enjeu de droits humains, en raison de ses effets sur l’accès à l’alimentation, à l’eau et à des conditions de vie décentes.
Gouvernance : Rapprocher les services publics des citoyens
Le troisième pilier du Cadre de coopération porte sur la gouvernance, l’accès aux services publics et la cohésion sociale.Le rapport fait état de la modernisation de 130 centres d’état civil, destinée à faciliter l’enregistrement des naissances et la délivrance de documents administratifs. L’enregistrement à l’état civil demeure une condition essentielle pour l’exercice de nombreux droits, notamment l’accès à l’éducation, à la santé, à la protection sociale ou encore à la participation citoyenne.
Les Nations Unies mentionnent également la construction de nouvelles infrastructures de sécurité, avec la remise de commissariats à Cinkassé et Mango ainsi que l’édification d’une brigade de gendarmerie à Gando.Le document souligne par ailleurs les progrès réalisés en matière de médiation communautaire et de participation des femmes aux instances de décision, deux dimensions considérées comme essentielles au renforcement de la cohésion sociale.
Des financements à consolider pour atteindre les Objectifs de développement durable
Pour soutenir l’ensemble de ces interventions, le Système des Nations Unies indique avoir mobilisé 53,6 millions de dollars américains au cours de l’année 2025. Si ces ressources ont permis de financer des programmes dans plusieurs secteurs prioritaires, le rapport estime qu’elles demeurent insuffisantes au regard des besoins. Les agences onusiennes appellent à une mobilisation accrue des partenaires afin d’accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) d’ici à 2030.
Le prochain cycle de coopération sera élaboré en cohérence avec les nouvelles priorités définies par le gouvernement togolais. La jeunesse, l’emploi, la transformation numérique, la résilience climatique et le financement du développement figureront parmi les principaux axes d’intervention. À cinq ans de l’échéance fixée pour les Objectifs de développement durable, le maintien de cette dynamique dépendra autant de la mobilisation des financements que de la capacité des différents acteurs à poursuivre des politiques publiques inclusives, afin que les progrès observés profitent durablement à l’ensemble de la population.









