Le calme des collines verdoyantes d’Atakpamé , au Togo contraste avec l’urgence climatique que vivent des millions de citoyens d’Afrique de l’Ouest. Pendant trois jours, cette ville située à 160 km de la ville de Lomé s’est transformée en un carrefour de réflexions et d’engagement pour une trentaine de journalistes venus de différentes régions du Togo, du Bénin, de la Guinée et du Ghana. Du 23 au 25 juillet 2025. Ces professionnels en activité ont pris part à l’atelier ECOSINT – méthodes et outils pour enquêter sur les enjeux environnementaux initié par le Togo Reporting Post (TRP), avec le soutien financier de Reporters sans frontières (RSF).
Dans une région marquée par l’exploitation abusive des ressources naturelles, les changements climatiques, la déforestation ou encore la pollution industrielle, les violations des droits humains liés à l’environnement se multiplient. Les communautés les plus vulnérables en paient le prix.
Face à ces réalités, les journalistes doivent jouer un rôle crucial . C’est dans cet esprit que le Togo Reporting Post – un consortium de journalistes portés sur l’investigation et le grand reportage- a organisé l’atelier ECOSINT : outils et méthodes pour enquêter sur les enjeux environnementaux. L’objectif est double : sensibiliser à la justice environnementale et renforcer les compétences des professionnels de l’information en les formant sur les outils d’investigation rigoureux.
« L’environnement est un droit humain fondamental. Il est urgent que les journalistes d’Afrique de l’Ouest prennent conscience de ce lien et s’outillent pour en rendre compte avec précision et rigueur », a déclaré Pierre Claver Kuvo, journaliste d’investigation et coordonnateur du TRP.
Les participants ont exploré plusieurs modules clés : Planification d’une enquête environnementale, Journalisme de données, Cartographie numérique et imagerie satellite, Techniques de vérification et lutte contre la désinformation climatique
Des séances de cartographie ont notamment permis aux participants de s’exercer à localiser et visualiser des zones de déforestation ou de pollution, renforçant ainsi la dimension visuelle et analytique de leurs futures enquêtes.
» Nous sommes repartis avec des outils concrets pour appuyer nos enquêtes. Nous avons appris à structurer un travail d’investigation, croiser des données, illustrer nos reportages avec des cartes, mais aussi comprendre les enjeux sociaux derrière chaque problématique environnementale », a confié Kayivi Atiklé, journaliste participante.
L’expertise environnementale au service de l’action
Pour conduire ces sessions, le TRP a fait appel à des formateurs expérimentés : Sena Alouka (Togo), Marie-Louise Mamgue (Cameroun,) et Alexandre Brutelle (France). Ensemble, ils ont transmis non seulement des outils techniques, mais aussi une vision du journalisme comme force citoyenne de transformation.
Dans un climat où la désinformation climatique et les intérêts économiques biaisent souvent les récits dominants, les journalistes formés à ECOSINT sont désormais mieux armés pour exercer leur rôle de contre-pouvoir.
La session s’est achevée le 25 juillet sur un message fort du Togo Reporting Post, qui a invité les participants à agir en conscience et en réseau, en gardant toujours en tête les conséquences humaines derrière chaque fait environnemental. « Ce que nous avons commencé ici doit se poursuivre sur le terrain. Chaque reportage, chaque enquête menée avec rigueur, est un pas vers une société plus juste, plus informée et plus respectueuse des droits de chacun », a conclu Pierre Claver Kuvo, lors de la clôture.
Cet atelier aura donc été permis une prise de conscience partagée. Dans un monde où la crise écologique est aussi une crise sociale, former les journalistes à parler de l’environnement, c’est aussi former des défenseurs des droits humains.









